Le blog des Maçons Parisiens

Une histoire de grues

La terme « grue » apparaît pour la première fois au XVème siècle pour désigner un engin de levage. Cependant les hommes utilisent des techniques de levage mécanisé pour laisser une trace de leur passage sur terre, et pour construire des bâtiments depuis des millénaires

Des engins de bois à nos grues modernes

Dès l’antiquité les hommes utilisent le principe du levier pour les grandes constructions telles Stonehenge en Angleterre ou les pyramides en Egypte. La seule force motrice utilisée alors étant les hommes, de telles constructions demandent beaucoup de main d’oeuvre, à l’image des pyramides qui sont édifiées en une vingtaines d’années avec l’aide de plus de 50 000 ouvriers.

Dans la Grèce et la Rome antiques, les cités se développent et les infrastructures se complexifient, nécessitant des techniques plus efficaces et plus rapides pour construire les voies de transports, les ponts ou encore les ports. On assiste alors à l’apparition des premiers engins de levage en bois, activés à la force des hommes et des animaux. C’est à cette période que tous les mécanismes nécessaires au futur développement de la grue furent inventés. Les Romains utilisaient la technique de la « cage d’écureuil » qui démultiplie la force grâce au mouvement du poids des « servants » qui y étaient placés. C’est ce procédé qui sera ensuite réutilisé pour la construction des cathédrales.

A partir de la Renaissance, les châteaux commencent à fleurir et l’heure est à la décoration et à la pierre de taille sculptée. Cependant, les guerres s’enchaînent et il faut pouvoir construire rapidement des fortifications. Les systèmes de levage se doivent donc d’être plus précis, plus légers et ne plus utiliser autant de main d’oeuvre. Les scientifiques de l’époque s’attardent alors sur la question et tentent de développer et d’améliorer les principes mécaniques découverts pendant l’Antiquité. Léonard de Vinci imagine, par exemple, une grue rotative et une grue pivotante qui ressemblent étonnamment à nos grues modernes. C’est une grue d’environ 20 mètres de haut qui permet à Brunelleschi de construire la cathédrale Santa Maria del Fiore à Florence. Cette grue utilise pour la première fois les forces motrices de la vis sans fin.

L’apparition des grues à bâti métallique

C’est à partir de 1800, en Angleterre, que les grues subissent une véritable révolution grâce à l’utilisation de la force motrice de la vapeur et de la fonte. En 1846, la force hydraulique de l’eau sous pression et de l’huile viennent faciliter le maniement des grues. Plus tard, dans le dernier quart du XIXème siècle, les grues Titan ou Goliath, qui évoluent sur voie ferrée et pèsent près de 500 tonnes, se mettent en action pour construire de nouveaux ports suite à l’expansion coloniale. Il faudra attendre 1880 pour que les moteurs électriques alimentent les grues, puis ce sera des moteurs à essence ou à diesel à partir de 1920.

Apparaissent ensuite les grues avec un bâti métallique, une structure en treillis, un chemin de grue et un moteur électrique, telles que nous les connaissons aujourd’hui encore. C’est ce modèle qui facilitera la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. Depuis, quelques flèches télescopiques, vérins hydrauliques ou autres commandes électriques sont venues améliorer les grues de nos chantiers.

Photographie : givikat@Flickr

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